Voici encore un billet d’humeur qui va peut-être déchaîner les foules. Tant pis, je prends le risque : j’aime bien ça ! Je suis probablement un troll dans l’âme.
Certaines idées auxquelles je crois ne trouvent pas beaucoup d’écho dans la société. Je pense particulièrement aux idées de gauche (voire, de gauche alter) et au logiciel libre. Le parallèle est assez frappant : ce sont des idées (à mon avis) pleines de bon sens et assez altruistes et humanistes (me semble-t-il). Dans les deux cas, elles rassemble un nombre très important de partisans. Mais pour la gauche alter comme pour le logiciel libre, la sauce ne prend pas. Pour le moins, elle ne prend pas autant qu’elle le devrait au regard du nombre de leurs soutiens.
J’ai ma petite explication sur le sujet : c’est que malheureusement leurs nombreux défenseurs sont des idéologues. Ces idéologues sont tellement puristes qu’ils sont incapables de se mettre d’accord entre eux, ce qui explique leurs divisions et donc leur incapacité à rassembler largement autour de leurs idées. Ils dépensent plus d’énergie à se taper entre eux qu’à frapper ce contre quoi ils se battent réellement.
Concernant la gauche alter, on a bien vu ce qu’il s’est passé à l’élection présidentielle de 2007 : 6 candidats se sont présentés. Aucun d’entre eux n’a atteint les 5% des suffrages nécessaires à un remboursement de campagne. Mais la somme des 6 candidat frôle les 11% (9% si l’on ne compte pas Voynet et Schivardi qui ne comptaient pas s’associer aux 4 autres) et probablement beaucoup plus s’il y avait eu un candidat unique (j’ai déjà évoqué cet effet de synergie dans un vieux billet).
Concernant les logiciels libres, et particulièrement les systèmes d’exploitation libres, c’est exactement le même problème ! Chacun défend sa petite paroisse en crachant sur celle du voisin plutôt que d’unir ses forces en direction de l’ennemi commun (Microsoft et Apple). On a eu un excellent exemple aujourd’hui même, de la part des Mandrivistes qui se sont enflammés parce que j’ai lâché une phrase un peu approximative au sujet de leur bébé et parce que je disais beaucoup de bien d’une autre distribution. Ça aurait été exactement le même débat en prenant deux autres distributions du même système d’exploitation. Et encore, les défenseurs de Free BSD ne sont pas venus pointer leur nez.
Bref, dans le deux cas, le problème vient d’un abus d’idéologie et d’un manque de pragmatisme. Pourtant je déteste ce mot (je reviendrai dessus plus tard), mais c’est bien ce qu’il manque aux partis de gauche pour abattre leur ennemi commun (le néo-libéralisme) et aux libristes pour abattre les leurs (Windows et Mac) : du pragmatisme.
Ça m’écorche la bouche de le dire, mais le pragmatisme de Nicolas Hulot pendant la présidentielle a mieux réussi à ancrer l’idée de l’écologie dans la tête de gens que 40 d’activisme des partis et ONG écologistes, même si ce sont ces derniers qui ont fait tout le boulot.
Ceci est un appel solennel aux idéologues : acceptez de mettre un peu d’eau dans votre vin et mettez-vous d’accord sur l’essentiel. Ne dit-on pas : “L’union fait la force” ?


